Bricolage de printemps, en temps de confinement

Bricolage de printemps, en temps de confinement

Par Tiana Ramiarinarivo

Le printemps est arrivé et avec lui, le grand ménage annuel pour organiser, ranger, nettoyer et mettre de l’ordre dans la maison.

Cette année, le printemps est différent. Un virus sévit présentement, nous forçant à rester à l’intérieur, en confinement. À force de passer tout son temps à la maison, on peut rapidement devenir à court d’idées d’activités à faire avec les enfants.

On vous partage quelques idées de bricolages écologiques faciles à faire avec toute la famille.

1. Le range-bouteille

Pourquoi ne pas chiner dans notre bac de recyclage pour voir ce qu’on peut y trouver afin de donner une deuxième vie à nos déchets et fabriquer nous-mêmes notre propre rangement ?

On vous partage alors une petite idée facile à réaliser avec nos vieilles bouteilles en plastique, histoire de prendre soin de notre portefeuille, mais surtout de notre planète.

Le matériel :

  • Des bouteilles en plastique (la taille dépend de ce que tu veux mettre à l’intérieur)
  • Des petites accrochent en métal 
  • Un couteau à lame rétractable (exacto)
  • Un marqueur

La réalisation :

  • Tracer un gros cercle avec un marqueur sur la partie supérieure de la bouteille
  • Enlever le cercle avec l’exacto pour faire un trou de la taille d’un gros poing (elle va servir de petite ouverture pour verser ou chercher nos objets)
  • Insérer une accroche sur le bouchon de la bouteille
2. Brico-rouleau

Autres items intéressants pour le bricolage que l’on peut retrouver dans notre bac de recyclage : « le rouleau de papier toilette ou de papier essuie-tout ».

Facile, pas cher, mais surtout écologique, voici des tutoriels pour fabriquer des petits animaux en rouleau de papier toilette (un lion, une grenouille, un chat, etc.), des petits personnages de dessins animés (des minions et des tortues ninjas) et un crocodile en rouleau de papier essuie-tout.


Pour le matériel, on aura besoin :

  • des rouleaux de papier de toilette ;
  • de la colle ;
  • de la peinture à l’eau ;
  • un crayon ;
  • une paire de ciseaux.
Un crocodile avec un rouleau de papier essuie-tout 
Un lion avec un rouleau de papier toilette
Une tortue Ninja
Une petite grenouille
Un minion
Un chat

Faire ses propres semis intérieurs

Faire ses propres semis intérieurs

Par Émilie Ould-Aklouche

Pourquoi ne pas profiter de cette période de confinement pour faire un peu de jardinage? Il est encore trop tôt pour jardiner à l’extérieur, mais la période des semis n’est pas encore terminée! Si vous n’avez pas le nécessaire, il est possible d’acheter vos produits sur internet! Seul ou en famille, lancez-vous dans cette activité facile et apaisante : du plaisir garanti! Voici quelques conseils pour les débutants.

De quoi avez-vous besoin?

De lumière

Pour réussir vos semis, il faudra leur offrir le plus de lumière possible. Profitez de la lumière naturelle du soleil : une pièce avec une grande fenêtre orientée vers l’est ou le sud pourra répondre à leurs besoins.

Vous aurez aussi besoin d’un peu de matériel.

Des semences

Il y a des semis intérieurs qu’on fait au mois de mars, d’autres au mois d’avril et certain au mois de mai. Pour savoir ce que vous pouvez semer à l’intérieur à cette période, référez-vous aux calendriers de semis pour la région de Montréal.

Des semenciers québécois proposent une grande variété de cultivars de qualité, adaptées à nos climats.

Du terreau

Il existe des terreaux pour semis. Les terreaux de rempotage pour plantes intérieures peuvent tout aussi bien convenir pour commencer!

Des contenants et étiquettes

Vous pouvez réutiliser les contenants que vous avez sous la main :  pots de margarine, pots de yogourt et même briques de lait découpées… le tout bien lavé et percé d’un trou pour le drainage! Les barquettes transparentes de viennoiseries peuvent même servir de dôme pour conserver l’humidité lors de la germination. De la même façon, les étiquettes peuvent être découpées dans les couvercles des pots de yogourt ou de margarine… Les jardineries vendent aussi des plateaux multicellules.

Grand contenant pour mélanger l’eau au terreau.

Un vaporisateur (idéal pour éviter de déplacer les graines, mais il est possible de faire sans).

 Comment procéder?

Verser le terreau dans le grand contenant, puis ajouter de l’eau tiède petit à petit. Mélanger avec les mains en écrasant les mottons. Le terreau doit être bien humidifié, mais pas détrempé!

Petit test :

Prenez une poignée de mélange dans une main et écrasez-le. Lorsque vous rouvrez la main, le mélange devrait se tenir. Si le mélange ne se tient pas, il est trop sec : continuer à ajouter de l’eau petit à petit. Si l’eau dégouline, cela veut dire qu’il y a trop d’eau : rajouter du terreau.

Mettre le terreau humide dans les pots sans l’écraser. Soulevez le contenant à quelques pouces de hauteur et laissez-le tomber pour tasser le terreau.

Semer les graines et recouvrez-les de trois fois leurs épaisseurs de terreau.

Si vous avez suffisamment de semences, vous pouvez mettre 2-3 graines par cellules (ou rapprochées) au cas où certaines ne pousseraient pas.

Pour les graines les plus grosses, faites un petit trou, déposez-y la graine et recouvrez-là de terreau. Pour les plus petites, comme les graines de basilic par exemple, ne faites pas de trous : déposez-les directement sur le terreau, poussez très légèrement du bout du doigt et recouvrez les d’un tout petit peu de terreau.

Faites votre étiquette avec le nom du cultivar et la date de semis pour identifier ce que vous venez de semer.

Vaporiser d’eau tiède avec le jet le plus diffus du vaporisateur. Si vous n’en avez pas, faites couler l’eau doucement afin de ne pas déloger les graines.

Placez dans un endroit chaud de la maison de 21 à 24 degrés (à ce stade-ci, pas besoin de lumière).  Maintenez ensuite le terreau humide en vaporisant régulièrement.

Si vous avez un dôme, vous pouvez recouvrir les contenants ce qui conservera l’humidité le temps de la germination. Une fois les plantules apparues, vous pourrez le retirer.

Placez les semis à la lumière (sans quoi ils s’étioleront, ce qui les rendra fragiles).

Si des plantules poussent trop rapprochées, gardez la plus forte et coupez les autres.

Surveillez bien les arrosages : quand le terreau devient sec, arrosez ou versez de l’eau tiède dans un plateau dans lequel vous mettrez les contenants troués jusqu’à ce que le terreau soit à nouveau imbibé d’eau.

PRÊT(E)S? … À VOS SEMIS!

(2ème partie à venir : Le repiquage, l’acclimatation des semis et la transplantation extérieure)

Qui dit ménage du printemps dit Résidus domestiques dangereux

Qui dit ménage du printemps dit Résidus domestiques dangereux

Par Nataël Bureau

Avec la hausse du thermomètre et le début des projets d’été, le printemps est l’occasion de faire de la place chez soi et de se débarrasser de toutes sortes d’articles non utilisés, périmés ou défectueux. Pour faire suite à notre article sur les encombrants et les CRD, nous nous penchons cette fois-ci sur les résidus domestiques dangereux. Dans notre mire, nous avons les vieux pots de peinture, les huiles à moteur, les piles et biens d’autres produits.
Qu’est-ce qu’un résidu domestique dangereux ou RDD ?

C’est toujours un défi de se démêler parmi toutes les matières qu’un foyer peut générer. Mais ne vous inquiétez pas, les RDD sont faciles à identifier.

Tout d’abord, pensez à ce que vous entreposez dans ces pièces : la salle de bain, la cuisine, la salle de lavage, sous-sol ou placard ou bien dans le garage ou la remise. Il y a fort à parier qu’une bonne partie des produits entreposés à ces endroits soient des RDD.

Ensuite, un RDD a une ou plusieurs de ces quatre caractéristiques : corrosif, inflammable, toxique ou explosif.

[1]

Finalement, vous tenez cette bouteille en main et vous vous demandez toujours s’il s’agit d’un RDD. Jetez un coup d’œil sur l’emballage et vous verrez si l’un de ces pictogrammes s’y trouve :

Si l’un de ceux-ci s’y trouve, alors il s’agit d’un résidu dangereux.

Que faire avec nos vieux RDD ?

Comme vous l’avez vu plus haut, les caractéristiques des RDD en font des matières qui ne peuvent se retrouver dans les collectes en bordure de rue. En effet, encore trop de RDD se retrouvent au dépotoir et constituent un risque important pour l’environnement, les installations de traitement et les employé.e.s œuvrant dans la gestion des matières résiduelles.

Si les RDD ne constituent qu’environ 1% des matières générées chez les particuliers, leur dangerosité pour la santé et l’environnement dépasse de loin en importance le faible poids qu’ils représentent parmi nos déchets. Lorsqu’envoyés au dépotoir, les RDD peuvent contaminer la nappe phréatique, ainsi qu’endommager les équipements (corrosion, inflammabilité, etc.). De plus, le transport et la disposition de matières toxiques ou dangereuses augmentent le risque pour la santé et la sécurité des travailleur.euse.s, tant lors de la collecte qu’au site d’élimination des ordures. En bref, on ne se débarrasse pas de nos RDD n’importe comment.

Plusieurs options s’offrent à nous lorsque nous venons de terminer notre grand ménage de printemps et que l’on a amassé tous les contenants de matières que nous pensons être des RDD. Nous pouvons planifier une visite lors de la collecte itinérante des RDD, qui a lieu deux fois par année à Montréal-Nord ou nous pouvons faire une tournée à l’écocentre le plus près de chez nous.

Une autre option, peut-être plus appropriée lorsqu’il est impossible de nous présenter lors de la collecte itinérante ou lorsqu’il y a la ruée printanière aux écocentres, est d’utiliser les différents points de dépôt des matières dangereuses. Plusieurs matières dangereuses disposent d’un réseau de collecte alternatif. L’encadré ci-dessous vous présente les principaux.

Dans tous les cas, il est possible d’utiliser l’application Ça va où ? en ligne ou sur son téléphone pour trouver le point de dépôt ou la collecte la plus près. Vous n’avez qu’à indiquer votre ville de résidence (Montréal-Nord) et sélectionner la matière dont vous voulez disposer. L’application vous indiquera la manière et l’endroit les plus appropriés concernant votre RDD.

Qu’arrive-t-il aux matières dont nous nous débarrassons ?

            S’il y a bien une manière d’encourager les gens à disposer correctement de leurs matières, c’est bien en leur montrant à quoi ça sert. Plusieurs matières sont revalorisables et peuvent même être régénérées à leur état d’origine. C’est par exemple le cas de la peinture résidentielle, représentant près de la moitié (+/- 47%) de tous les RDD générés au Québec.

L’association Éco-peinture a pour mission de collecter et d’acheminer à des filiales de valorisation les vieux pots et les fonds de peinture que nous leur acheminons par le biais des différents points de dépôts. La peinture peut y être recyclée et remise à un niveau de qualité suffisant pour la revente. On permet ainsi, par le recyclage de la peinture, de diminuer la production de nouvelles peintures, ce qui s’inscrit dans une vision de réduction à la source des matières, tout en s’assurant que cette matière dangereuse ne se retrouve pas au dépotoir ni dans la nature. Au total, ce sont 7 millions de kilos de peinture qui sont récupérés à travers le Québec ! Le produit fini et recyclé est revendu sous la marque Rona Eco ou Boomerang.

 Il est intéressant de noter que c’est grâce au principe de la Responsabilité élargie des producteurs au Québec, que l’on a accès à différents réseaux de dépôt. En effet, plusieurs entreprises – producteurs ou distributrices- de matières dont l’impact environnemental ou sur la santé de leur produit en fin de vie est important sont désormais tenues d’assurer la collecte et la redirection des matières vers des filiales de valorisation de ces matières. Les derniers changements apportés en 2019 ont permis d’englober plus de de produits et d’entreprises, ainsi qu’à réactualiser les cibles à atteindre en matière de récupération. Financés à l’aide d’une écotaxe sur les produits visés, les différents programmes permettent de détourner d’importantes quantités de matières de l’élimination et d’assurer leur disposition de manière sécuritaire pour nous, pour les travailleur.euse.s du secteur de la gestion des matières résiduelles et, bien évidemment, pour l’environnement.

Conclusion

            Les risques qu’imposent les résidus domestiques dangereux (RDD) en fin de vie sont importants et c’est pourquoi il est important d’en disposer adéquatement. Comme on a pu le constater, plusieurs des RDD chez soi peuvent facilement être recyclés ou valorisés. Alors, faisons un petit effort ensemble pour utiliser les services de collecte offerts et disponibles pour tous et toutes !


[1] Recyc-Québec, Les résidus domestiques dangereux Fiches informatives, En ligne, Lien.

CRD et Encombrants : quels enjeux pour les prochaines années à Montréal-Nord ?

CRD et Encombrants : quels enjeux pour les prochaines années à Montréal-Nord ?

par Nataël Bureau

Que ce soit au début du printemps, près de la période de déménagement ou tout juste après les fêtes, les encombrants et leurs cousins proches, les résidus de construction, démolition et rénovation apparaissent en plus grand nombre au coin de nos rues. S’il est possible de les récupérer (Oui, Oui !), souvent ils se retrouvent avec les ordures. Nous nous penchons ici sur l’enjeu de la revalorisation de ces matières.
Qu’est-ce qu’un encombrant ou des résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD) ?

Il y a deux familles d’encombrants, soit les électroménagers et le mobilier. Tous les électroménagers, ne comportant pas de gaz réfrigérants, peuvent être déposés en bordure de rue le vendredi de chaque mois.  Pour se débarrasser de manière écoresponsable de nos frigos, climatiseurs et compagnie, il est fortement recommandé d’aller porter ces appareils à l’écocentre le plus près. La quantité de gaz que peut dégager un seul frigo aux ordures peut aller jusqu’à 3,7 tonnes métriques en équivalent de CO₂ – un voyage de 17 000 kilomètres en voiture. Il est donc impératif de bien s’en départir.

La gamme de mobilier acceptée est aussi large que sont les goûts en design durant les dernières décennies ! Que ce soit en bois ou en métal, en verre ou en plastique, le mobilier peut être déposé en bordure de rue pour la collecte sélective du vendredi… à condition qu’il ne soit pas rembourré. En effet, les meubles rembourrés sont généralement interdits au niveau de toute la Ville de Montréal, en raison des risques de propagation des parasites, notamment les punaises de lit. C’est aux ordures que l’on doit disposer des meubles rembourrés plutôt.  Même si ce n’est qu’un coussin sur le dossier d’une chaise, ce meuble ne devrait pas se retrouver dans la collecte malheureusement : la santé publique d’abord ! Pour savoir comment disposer de meubles possiblement contaminés, vous pouvez consulter la rubrique sur le sujet en cliquant ici.

Les résidus de construction, de rénovation et de démolition, aussi appelés plus succinctement les CRD, sont pour en majorité les débris provenant des activités liées aux bâtiments et à la voirie. Ici, nous n’avons qu’une grande famille de CRD qui comprend le bois, les morceaux d’asphalte, la roche, les dispositifs de salle de bain, des vitres (non brisées) et à peu près tout ce qui se retrouve dans les murs de votre maison et qui n’est pas une matière dangereuse. L’amiante, malheureusement, encore présent dans les plus vieux bâtiments ne doit pas être déposée dans la collecte sélective ni à un écocentre : il faut faire affaire avec des professionnels à ce moment-là !

La récupération des encombrants et des CRD permet de valoriser ces matières, de diminuer la pression sur nos sites d’enfouissement et de diminuer en partie la quantité des matières produites lorsqu’elles sont réutilisées. L’arrondissement de Montréal-Nord a fait le choix d’offrir hebdomadairement un service de collecte de ces matières : servons-nous-en !

Enjeux de récupération liés aux encombrants en 2019

            Comme nous l’avons mentionné plus haut, les périodes du ménage printanier, des déménagements et des fêtes voient augmenter le nombre d’encombrants déposé en bordure de rue. Une grande partie de ces encombrants sont toujours déposés lors de la journée des ordures, ce qui pose problème à deux niveaux.

Tout d’abord, ces matières ne sont plus collectées avec les ordures ce qui fait augmenter le nombre de résidus sur la voie publique. Cette problématique devient plus importante avec les périodes de déneigement où les trottoirs doivent être déblayés. Pour faciliter les déplacements des piétons et le travail des déblayeurs, il est nécessaire de les déposer au bon moment, c’est-à-dire entre 19h et 7h le vendredi.

Ensuite, les encombrants qui pourraient être pris par inadvertance dans la collecte des ordures ne pourront être revalorisés. De plus, il s’agit de coûts de gestion plus élevés pour les sites d’enfouissement qui rassemblent alors des matières occupant un plus grand volume. Rappelons-nous que l’un des sites les plus importants accueillant 39% des déchets montréalais fermera d’ici 10 ans au rythme actuel[1].

Montréal-Nord a encore du travail à faire pour augmenter la quantité (Kg/Habitant/Année) des encombrants récupérés et atteindre le reste des autres arrondissements de Montréal. En effet, les dernières données de 2018 montre que le taux de récupération pour Montréal-Nord se situe à 59%, en hausse de 4% par rapport à 2017, alors que la moyenne montréalaise se trouve à 70% (68% en 2017)[2]. Un rattrapage est en cours, mais nous devrons continuer à encourager la participation des citoyen.ne.s de Montréal-Nord.

Les matières récupérées, notamment les électroménagers et le mobilier composé de métal, ont de hauts taux de valorisation[3], ce qui rend leur récupération et leur détournement des sites d’enfouissement encore plus intéressants. Avant de terminer sur les encombrants, il faut rappeler qu’il est toujours possible de donner une deuxième vie à une bonne partie de nos meubles. De entreprises et des organismes œuvrent à la remise en condition et à la revente de produits seconde main : informez-vous !

Enjeux de valorisation des CRD en 2019

            Plusieurs municipalités compilent ensemble les chiffres liés aux encombrants et aux CRD. Or, les CRD ne sont pas recyclés, dans la majorité, de la même manière que les encombrants et comportent leurs propres enjeux de valorisation. Que ce soit des agrégats de bitume, du bois peint ou de la pierre concassée, les CRD occupent une part importante des résidus générés à Montréal.

            L’enjeu principal des CRD actuellement porte sur la réduction de ces résidus à la source et au recyclage sur place (par les contracteurs)[4]. En effet, plusieurs techniques plus écologiques issues de l’écogestion de chantier peuvent être utilisées par les contracteurs en construction : utilisation de matériaux plus écologiques ou réutilisés, par exemple. Une autre technique, la déconstruction sélective, permet aussi de retirer graduellement les matières d’un bâtiment et de les trier au fur et à mesure qu’elles sont retirées. Cette dernière technique permet d’augmenter le recyclage sur place et donc de diminuer la génération de résidus envoyés aux centres de tri de CRD.  

            Au niveau des matières recyclées ou revalorisées, le bois, le gypse et la fraction fine sont les enjeux qui occupent les entreprises du secteur et qui font l’objet des dernières innovations en la matière.

            Le tiers du bois vierge (arbres ou charpente) est encore envoyé à l’élimination : un tiers est recyclé dans de nouveaux produits et un tiers est envoyé à la valorisation énergétique. Le bois traité, quant à lui, est presque exclusivement envoyé à la valorisation énergétique (production de chaleur) ou à l’enfouissement. Au niveau du bois traité, une nouvelle technique de « détraitement » élaborée au Québec pourrait permettre de recycler ce bois comme le bois vierge[5]. La technique est encore expérimentale, mais c’est ce genre d’innovation qui nous amènera plus loin dans la gestion de nos résidus.

            Le gypse est une autre matière difficile à recycler ou à revaloriser en raison de son taux de contamination et de sa friabilité comme matière. Au Québec, 90% du gypse, une matière communément trouvée dans nos murs, se retrouvent dans les dépotoirs. Quelques débouchés intéressants commencent cependant à apparaître : réutilisation de la matière dans la production de ciment et recyclage dans de nos nouveaux panneaux. Le recyclage sur place est aussi une avenue, car c’est la désagrégation du panneau durant son transport vers le centre de tri qui l’amène à être rejeté vers l’enfouissement. Pour ce faire il faudra que le secteur de la construction revoie encore une fois ses pratiques sur le chantier et de trouver des manières de recycler ou de valoriser sur place la matière générée.

            Le dernier élément et le plus complexe est la fraction fine : mélange de matières de moins de 2 centimètres. Cette matière mélangée est souvent issue de l’accumulation de particules tombant des courroies dans les centres de tri de CRD. Cette matière mélangée représente le quart des matières sortants des centres de tri de CRD et ne peut plus être utilisée comme agent de recouvrement dans les sites d’enfouissement depuis quelques années en raison du dégagement des odeurs liées au gypse pourrissant. Cette situation a permis de stimuler la recherche de nouveaux débouchés : abrasif hivernal pour les routes, ajout en calcium pour le ciment, etc. Nous sommes encore au niveau des études, mais il s’agit de voies intéressantes pour les 480 000 tonnes produites annuellement de fraction fine.

Conclusion

            Clairement, nous devons collectivement développer des innovations et de nouvelles pratiques afin d’augmenter le recyclage et la valorisation des encombrants et des CRD récupérés. Comme citoyen.ne de Montréal-Nord, ce que nous pouvons faire immédiatement, est de participer aux collectes appropriées et d’en parler avec nos voisins et nos voisines. Ce que nous devons viser : une participation toujours plus nombreuse !

            Chez Éconord, nos patrouilleurs et nos patrouilles environnementales passent chaque été dans nos rues afin de sensibiliser les citoyens et les citoyennes de Montréal-Nord et de les inviter à participer à la collecte des encombrants et CRD. Ces efforts nous permettront de dégager les bordures de rue, de détourner de l’élimination des quantités toujours plus grandes de ces matières et de rattraper le reste de Montréal notre en termes de quantités récupérées.

Si vous les voyez patrouiller durant l’été, n’hésitez pas à leur poser des questions : ils et elles sont formé.e.s pour vous répondre. Sinon, tout au long de l’année vous pouvez nous rejoindre à l’un de nos deux locaux ou consulter le site web de l’arrondissement. Nous tiendrons aussi prochainement des ateliers sur différents thèmes, notamment le tri et les matières résiduelles. Gardez-vous au courant en vous inscrivant à notre infolettre et en consultant notre calendrier. Vous pouvez rejoindre l’auteur de l’article en composant le (514) 326-5447 en semaine pour toute question ou commentaire.


[1] La Presse, Montréal veut adopter des « cibles ambitieuses » pour réduire à zéro la quantité de déchets qu’elle enfouit d’ici 2030, En ligne ,<https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/201910/17/01-5245762-montreal-vise-le-zero-dechet-pour-2030.php>, 20 novembre 2019.

[2] Ville de Montréal, BILAN 2018 DES MATIÈRES RÉSIDUELLES DE L’AGGLOMÉRATION DE MONTRÉAL, En ligne, <http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ENVIRO_FR/MEDIA/DOCUMENTS/BILAN_2018_MATIERES_RESIDUELLES.PDF>. 20 novembre 2019.

[3] RECYC-QUÉBEC, Les encombrants – Fiches informatives, En ligne, <https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-encombrants.pdf>, 20 novembre 2019.

[4] RECYC-QUÉBEC, Résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD), En ligne <https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-crd.pdf>, 20 novembre 2019.

[5] Vecteur Environnement, Résidus de construction, de rénovation et de démolition – Comment les valoriser davantage ?, Septembre 2019, p.40-45.

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